Le castrum

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Comme le nom du site l’indique bien, l’activité minière et métallurgique était sous le contrôle d’une petite fortification. Cette fortification a fait l’objet d’une description en 1600 par jean de Malus :

« En la vicomté de Couserans à une lieue par-dessus le village d’Aulus il y a un château vieil, composé d’une tour carrée fort haute ayant neuf grand pas de carré au-dedans. Cette tour est enfermée d’un coté de fausse braye, au coin de laquelle il y une tour demi ronde servant d’un flanc à deux cotés, du coté de la plus grande montagne il y a une vieille porte par laquelle on entrait dans la grande fonte, où l’on fondait l’or et l’argent. Ce château est appelé par ceux du pays le Castel-Minié. »

Sur la parcelle de Castel-Minier, un autre bâtiment d’origine médiévale est encore visible. Il est noté « église » sur le cadastre. Cette appellation peut être rejetée puisque Castel-Minier n’a jamais eu le rang de paroisse. A ce jour, la fonction de ce bâtiment reste inconnue.
Photo de la zone castrale
Photo de la zone castrale


Le castrum

Deux murs d’enceinte sont relativement bien conservés.. Le premier repose nettement sur le rocher et montre une élévation de 2,3 m. L’autre est actuellement sous un roncier. Il s’élève sur 1,80 m. Deux murs de la « grosse tour » décrite par Jean de Malus sont facilement visibles.
Les premiers sondages réalisés en 1990 et 1991 ont permis de confirmer l’importance du bâti sur cet espace. Ils ont livré du matériel archéologique (céramiques et alliages cuivreux) daté des deux derniers tiers du XIVe siècle. En 2004, nous avons réalisé un sondage sur la partie sommitale Est de l’ensemble castral. Un fossé a été caractérisé ainsi que deux murs dont l’un a pu être rattaché à celui découvert en 1991. Enfin, suite à nos prospections géochimiques, nous avons ouvert une fenêtre entre la cabane de berger et la bergerie.
La fouille n’a livré que très peu de niveaux d’occupation médiévaux. En effet, la stratigraphie ne s’est pas révélée très complexe, la roche se trouvant à un mètre maximum sous la surface. Sous le niveau de terre végétale, se trouvent deux couches de déblai de construction (pierres équarries) dont la plus profonde était principalement constituée de mortier (niveau de démolition de la tour). Il s’agit sûrement des restes de l’activité de construction de la bergerie au XIXème siècle, avec récupération des matériaux du château. Sous ces niveaux, les seuls éléments qui se distinguent sont un mur de refend lié au mur d’enceinte, un travail en terrasse du rocher sur la partie sommitale du promontoire et quelques vestiges très discrets de niveaux d’occupation.
Les différents niveaux ont donné peu de mobilier. La céramique découverte s’inscrit dans une fourchette comprise entre les XIIIe et XVe siècles. Un couteau daté du XVème siècle et les fragments d’une trompe d’appel sont les objets sortant de l’ordinaire.
Au niveau métallurgique, nous avons identifié la source de l’anomalie géochimique. Les scories de la réduction des minerais de plomb ont été réemployées dans le mortier de construction.
Si l’état des vestiges et des niveaux archéologiques pourraient être assez médiocres en ce qui concerne la partie sommitale du promontoire, dominée par l’actuelle grange, la puissance des remblais autour de ce dernier est plutôt encourageante pour les niveaux sous-jacents, non reconnus du fait de leur profondeur et de l’emprise au sol des sondages.

Un autre bâtiment médiéval


Ce bâtiment, en contrebas du site est aujourd’hui ruiné. Comme la partie castrale, il a fait l’objet d’un réemploi dans le cadre des activités pastorales des deux derniers siècles. Sur la cadastre, ce bâtiment est donné pour
Le bâtiment est ruiné mais les façades est et ouest et les angles nord-est et sud-ouest conservent une élévation conséquente due à leur intégration dans les constructions agropastorales. La façade occidentale présente une baie obturée. Son encadrement est constitué de blocs montrant un layage relativement fin. Son allège est une grosse plaque de schiste. Le parement interne comporte une feuillure alors que le parement externe est chanfreiné.
Durant la campagne de 1990, 2 sondages ont été réalisés sur l’« église » : l’un en extérieur contre le mur ouest, l’autre dans l’espace construit. Dans l’« église », sous 5 à 10 cm de terre, le substrat rocheux a été atteint. Nous ne connaissons pas l’emprise du sondage mais les conclusions données dans le rapport portent sur l’absence d’égalisation ou d’aménagement du rocher. En extérieur de ce bâtiment, les investigations ont révélé la possible présence d’un remblai pour asseoir la construction. Aucun matériel n’a été mis au jour.
La définition du bâtiment comme « église » repose uniquement sur la mention du cadastre napoléonien. Or Castel-Minier n’a jamais été une paroisse et n’a donc pas nécessité l’installation d’un tel lieu de culte . Peut-il s’agir alors d’une chapelle ? Les dimensions au sol (15 x 8 m) semblent légèrement trop importantes pour ce genre d’édifice. pourtant, le soin pris dans la réalisation de la baie aujourd’hui obstruée fait de l’édifice un lieu d’une certaine importance au même titre que la tour.

Photo de l'église
Photo de l'église