Opérations en cours

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La fouille de la tête de puits des Anciens est la première opération de fouille archéologique que nous menons sur ce site. Nous savons que ce puits a été débouché au XIXe siècle lors de l’une des tentatives de reprise d’exploitation :
PV de visite - 8 août 1865 - Ingénieur des mines Mussy (extrait) :
''« Les anciens travaux du Trou des Yeux présentaient dans leur partie inférieure une galerie d’écoulement bien connue, mais étroite et d’un accès difficile ; cette galerie dont l’entrée est sur les bords du Garbet est dirigée Nord-Sud à peu près pour rejoindre le filon des anciens dont les affleurements situés à une centaine de mètres plus au Sud présentent de l’Est à l’Ouest de vastes cavités indiquant une importante exploitation ; tout autour de l’entrée, sont de grands tas de déblais où on trouve des débris de galène riche en argent, des restes de machines à bras, des vieilles poteries et des traces de toute nature de grands travaux.
Cette galerie d’écoulement est inachevée ; reste encore 25 à 30 m à faire avant d’atteindre le gisement métallique, son front est dans la roche du mur ; elle présente vers la moitié de son parcours un puits vertical très ancien dont l’utilité ne se comprend pas bien : peut-être était-il purement destiné à l’aérage.
Cette galerie ancienne a environ 120 m et le puits est à 80 m de l’entrée ; elle a été complètement déblayée, ainsi que le puits  ».''

Le décombrement du puits des anciens est un travail de longue haleine mais qui a déjà réservé de bonnes surprises. La roche a été atteinte deux mètres sous le sol actuel et nous avons pu délimiter la tête de ce creusement qui présente dans sa partie sommitale un diamètre de 1.95 m. Surtout, nous avons mis au jour un escalier d’au moins 11 marches permettant d’accéder au puits. Le décombrement de cet escalier n’est pas achevé. Large de 60 cm, il prend naissance à 3 m du bord du puits. Il est creusé sur une zone faillée ayant la même direction que le filon croiseur du TB +13. Au niveau de la 11e marche, à la base de l’escalier, on trouve de part et d’autre deux encoches verticales larges de 15 cm et haute d’une trentaine de centimètres. Une troisième est visible sur la paroi droite 50 cm au-dessus de la première. L’état de conservation de la paroi gauche ne permet pas d’observer cette répétition. Il semble bien qu’il s’agit d’un système de fermeture en bois visant à limiter l’accès au puits. Grace au travail de topographie et de photogrammétrie, nous pouvons restituer le puits en connexion avec la partie souterraine

Autre élément essentiel, du fait du décombrement du puits, il apparaisait évidemment que les deux haldes qui entourent la tête du puits étaient sinon modernes ou au moins remaniées très récemment. Pourtant, la mise au jour d’un muret grossier barrant le haut de l’escalier amène à reconsidérer cette idée. La présence de ce muret pourrait indiquer l’existence de sédiment plus ancien se trouvant au-delà. Dans cette hypothèse, l'opportunité d'une fouille d'un carreau minier d’époque médiévale s'ouvre aux archéologues.